La profession médicale est, on le
sait, confrontée au stress, notamment lié à la maladie et à la
mort, mais également aux récits des événements de vie des patients.
A fortiori, lors d’événements impliquant un grand nombre de victimes,
le médecin est confronté, comme les impliqués directs, à la vision
de corps blessés ou morts et à l’effroi devant le chaos.
Il est important de rappeler ici
que les praticiens sont des êtres humains comme les autres, peut-être
même fragilisés par leur métier. Une catastrophe est un événement
exceptionnel qui impacte fortement les personnalités. Les soignants
et sauveteurs intervenants ne sont pas à l’abri d’une pathologie
psychotraumatique.
Dans les équipes SAMU, le burn-out
(syndrome d’épuisement professionnel) est fréquent et le recours
« autothérapeutique » aux médicaments et aux toxiques est un risque
non négligeable. Même les intervenants des Cellules d’Urgence
Médico-Psychologique, s’ils sont pourtant régulièrement « debriefés
», gardent des souvenirs qui, s’ils ne sont pas traumatiques ni
envahissants, restent cependant émotionnellement fixés. Certains
confrères décrivent encore la survenue de flash-backs, fantômes
d’un accident grave vécu il y a plusieurs années, particulièrement
lorsque des enfants sont concernés.
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Si les désordres psychiques post-traumatiques
sont décrits, depuis les temps les plus anciens dans des situations
de conflit armé ou lors d’événements de la vie civile, leur étude
systématique ne date que de la fin du XIXe et du début du XXe
siècle. Ainsi, la naissance du concept de PTSD résulte d’un long
cheminement où la vulnérabilité individuelle a finalement laissé
la place à la notion de traumatisme** psychique, rendant compte
d’un processus interne de réponse du sujet face à une situation
extérieure soudaine, violente et imprévue dont le caractère vulnérant
et l’effraction viennent menacer sa vie, son intégrité physique
ou psychique. L’installation, puis l’évolution du concept enrichi
par la multiplicité et la diversité des circonstances traumatiques
rencontrées, aboutissent à une approche psychodynamique séparant
l’événement lui-même de son vécu subjectif. Nul doute que l’analyse
et la reconnaissance de plus en plus systématique de l’état de
stress post-traumatique et des situations qui l’engendrent feront
encore évoluer notre perception et notre approche de ce concept.
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